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  • Posté le 3 avril 2019 / 5 visites

Professions techniciennes et intermédiaires : colère salariale et déclassement

Alors qu’elles ont un positionnement central dans les organisations du travail, les professions intermédiaires sont souvent enfermées dans le « ni cadre, ni ouvriers » et privées de reconnaissance. La colère salariale et la peur du déclassement en sont l’illustration. 83 % des professions intermédiaires interrogées estiment que les mesures annoncées par le gouvernement ne vont pas améliorer leur pouvoir d’achat. Ce chiffre atteint 94 % dans la fonction publique, alors que le pouvoir d’achat a été dégradé par la CSG et le gel du point d’indice et que les agent·e·s n’ont même pas eu droit à une prime. 53 % sont inquiets de leur propre déclassement et 55 % de celui de leurs enfants. Seuls 36 % des technicien·ne·s et professions intermédiaires estiment être reconnu·e·s dans leur travail.

La CGT des Ingénieur·e·s, cadres et technicien·ne·s (Ugict-CGT) rend public son baromètre annuel construit en partenariat avec Sécafi sur la situation et les aspirations des professions techniciennes et intermédiaires.
Ce sondage réalisé par Viavoice vient éclairer la mobilisation sociale actuelle.

Un mécontentement salarial qui monte, pas de perspective de carrière

67 % des technicien·ne·s et professions intermédiaires considèrent que leur rémunération est en décalage avec leur implication. Cette colère, en augmentation par rapport aux années précédentes, est nettement plus marquée dans la fonction publique, où l’austérité salariale est largement dénoncée : 79 % des fonctionnaires de catégorie B considèrent que leur rémunération est en décalage avec leur implication.

Un temps de travail qui explose

58 % des technicien·ne·s et professions intermédiaires estiment que leur charge de travail a augmenté. Ils sont 62 % à déclarer travailler plus de 40 h hebdomadaires et 24 % plus de 45 h par semaine. 54 % effectuent des heures supplémentaires, et pour 34 % de celles et ceux qui en réalisent, elles ne sont ni payées ni récupérées. Ces chiffres illustrent l’augmentation du travail au noir, avec des heures de travail ni déclarées ni reconnues.

Un management qui empêche de bien travailler

44 % des technicien·ne·s et professions intermédiaires considèrent ne pas pouvoir effectuer un travail de qualité. Ce vécu est majoritaire dans le public, avec 50 % de fonctionnaires catégorie B qui disent être dans cette situation. Pour 48 % des technicien·ne·s et professions intermédiaires - et 63 % dans la fonction publique ! - les pratiques managériales se sont détériorées.

L’évaluation individuelle est très critiquée : pour 67 % des sondé·e·s elle est fondée sur de mauvais critères. 68 % des technicien·ne·s et professions intermédiaires estiment que régulièrement les choix et pratiques de leur entreprise ou administration entrent en contradiction avec leur éthique professionnelle.

Ce sondage démontre les conséquences de l’austérité salariale et du Wall Street management, le management par les coûts, qui soumet l’entreprise et le travail aux seuls objectifs d’augmentation de la valeur actionnariale. L’Ugict-CGT appelle le patronat et le gouvernement à reconnaître le travail et les qualifications et à augmenter les salaires. Plutôt que d’importer des méthodes de management toxiques du privé, la réforme de la fonction publique doit permettre enfin aux agent·e·s d’avoir les moyens de remplir leurs missions d’intérêt général et de retrouver le sens de leur travail.

Annonces du gouvernement en matière de pouvoir d’achat : des réponses jugées inadaptées

Alors qu’elles ont un positionnement central dans les organisations du travail, les professions intermédiaires sont souvent enfermées dans le « ni cadre, ni ouvriers » et privées de reconnaissance. La colère salariale et la peur du déclassement en sont l’illustration. 83 % des professions intermédiaires interrogées estiment que les mesures annoncées par le gouvernement ne vont pas améliorer leur pouvoir d’achat. Ce chiffre atteint 94 % dans la fonction publique, alors que le pouvoir d’achat a été dégradé par la CSG et le gel du point d’indice et que les agent·e·s n’ont même pas eu droit à une prime. 53 % sont inquiets de leur propre déclassement et 55 % de celui de leurs enfants.

Lire l’intégralité de l’analyse du sondage en ligne

Documents joints à l'article :