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  • Posté le 11 mai 2021 / 20 visites

Dette Publique #1

Malédiction austéritaire ou réponse aux besoins ?

La crise sanitaire a eu entre autres pour effet de provoquer dans tous les pays une explosion de la dette publique. Les discours alarmistes ont été mis un temps en sourdine mais reviennent aujourd’hui en force. Ainsi le Programme de stabilité budgétaire que le gouvernement vient de transmettre à la Commission européenne prévoit une réduction à marche forcée des dépenses publiques afin de faire baisser la dette.

L’austérité est-elle donc toujours la conséquence de l’endettement public ou celui-ci ne serait-il pas aussi un moyen de répondre aux besoins sociaux ?
Des idées reçues très contestables

Les poncifs sur la dette publique, complaisamment distillés par les gouvernants et les médias dominants, relèvent plus des « fake-news » que de la réalité mais, en faisant de la dette un épouvantail, ils justifient l’austérité.

La dette publique est un fardeau pour les générations futures
Faux !
Comme toute dette, elle a pour contrepartie un actif (écoles, hôpitaux, routes...). Or le solde est positif. De sorte qu’un enfant ne naît pas avec une dette de 29 000 € mais avec un patrimoine net de 4 500 €.

Le pays vit au-dessus de ses moyens, il faut donc réduire les dépenses publiques Faux !

L’augmentation de la dette provient davantage de la baisse organisée des recettes que de l’augmentation des dépenses. Entre 1980 et 2012, 22 points de dette (en % du PIB) sont dus à la crise de 2008, 29 points au niveau élevé des taux d’intérêt dans les années 1990 et 24 points aux cadeaux fiscaux et à l’évasion fiscale.

L’État est en faillite
Faux !
Contrairement à une entreprise, un État ne peut pas faire faillite. Il peut seulement faire défaut, c’est-à-dire ne pas payer ses créanciers, comme l’Allemagne après la guerre ou la France au 19e siècle. Sa durée de vie est illimitée et il a la faculté de lever l’impôt et de battre monnaie.

La dette n’est pas soutenable
Faux !
Si la dette augmente, son coût diminue. Plutôt que le rapport dette/Pib, qui compare un stock à un flux, un indicateur plus pertinent du poids réel de la dette consiste à comparer les intérêts payés annuellement au Pib. Celui-ci est passé de 3% il y a 10 ans à moins de 1,5% aujourd’hui. Cette situation devrait se poursuivre et la dette publique continuer à être soutenable car il est peu probable que la BCE modifie sa politique à court terme et l’épargne au niveau mondial est abondante. L’État devrait facilement trouver preneur pour ses emprunts d’autant qu’en rachetant une grande partie des titres publics émis, la BCE sécurise les prêteurs.

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