

Le travail ne doit ni coûter la vie, ni briser la santé de celles et ceux qui font vivre le service public. Le 28 avril, journée internationale de la santé et de la sécurité au travail, l’UFSE CGT appelle les agent•es de l’État à se mobiliser et participer aux initiatives pour exiger des conditions de travail dignes, des moyens pour les politiques de prévention et un plan santé travail réellement à la hauteur des urgences. Faisons entendre une autre voix : celle de celles et ceux qui refusent de « perdre leur vie à la gagner » et exigent des droits, des moyens, et un véritable pouvoir d’intervention sur l’organisation du travail.
Usure, souffrance et perte de sens
Depuis des années, les personnels paient le prix des restructurations permanentes, des suppressions de postes et de l’intensification du travail. Les moyens baissent, nos missions s’élargissent et les injonctions contradictoires se multiplient. Résultat : usure professionnelle, perte de sens, explosion des risques psychosociaux et de la souffrance des agents. Quand on n’a plus les moyens de bien faire son travail, c’est toute l’identité professionnelle qui s’effondre et avec elle la santé des agent•es.
La loi de transformation de la fonction publique a encore aggravé la situation : affaiblissement des instances, individualisation des parcours, contractualisation. Loin de “moderniser”, ces choix fragilisent les collectifs et isolent les agents.
Une obligation de prévention
Pourtant veiller à la santé et la sécurité des personnels n’est pas optionnel pour les employeurs publics, c’est une obligation juridique qui découle du décret de 1982. Quand les conditions de travail se dégradent, quand accidents, maladies professionnelles ou suicides surviennent, la responsabilité de l’employeur public peut être engagée. Cette obligation pour l’employeur implique des moyens renforcés et donc une politique de prévention exemplaire (évaluation réelle des risques, application des principes de prévention, information, formation, budgets adaptés).
Une épidémie de suicides ?
En 2025, la DGFIP a enregistré 19 suicides et 21 tentatives
On dénombre 27 suicides de policiers et 26 de gendarmes en 2024
L’Education nationale reconnaît 58 suicides en 2018-2019, dernier chiffre officiel
Il n’existe pas de comptage national consolidé des suicides dans la fonction publique, ce qui est en soi un scandale politique et un angle mort majeur de la prévention.
Inverser la logique
Avec la fusion des instances et la disparition des CHSCT de plein exercice, la santé au travail a été reléguée à l’arrière-plan. En parallèle, on multiplie les dispositifs individuels : cellules d’écoute, numéro vert, accompagnement psychologique…
Une vraie politique de prévention s’attaque aux causes et donc aux sous-effectifs et à l’organisation du travail. C’est toute la logique qu’il faut inverser : on ne doit plus gérer la souffrance mais organiser des conditions de travail non pathogènes.
Le 28 avril, journée internationale de la santé et de la sécurité au travail, faisons entendre la voix des agent•es de l’État ! Ensemble, exigeons des conditions de travail dignes, des organisations du travail qui n’abîment plus notre santé et des moyens pour la prévention.
L’UFSE-CGT appelle à se mobiliser et participer aux initiatives partout sur le territoire pour la santé et la sécurité au travail !
ufse 28-4-26