

Une dégradation qui n’a que trop duré
Depuis plusieurs années, les agent·es des Finances publiques vivent une dégradation continue de leurs conditions de travail. Réorganisations en cascade, fusions de services, dématérialisation à marche forcée, suppressions de postes : la charge de travail explose alors que les moyens humains fondent.
Sur le terrain, les remontées sont unanimes :
• Surcharge chronique : des collectifs de travail exsangues, des agent·es qui absorbent la charge de deux ou trois postes vacants non remplacés.
• Perte de sens : des missions de service public vidées de leur substance par des objectifs chiffrés déconnectés du réel, des indicateurs de performance qui ignorent la qualité du travail rendu aux usagers et aux collègues.
• Isolement : télétravail mal accompagné, fermetures de sites, éloignement des collectifs, managers eux-mêmes sous pression et sans marge de manoeuvre.
• Multiplication des arrêts maladie, des signalements RPS, des situations d’épuisement professionnel, parfois de véritables drames humains, que l’administration continue trop souvent de traiter comme des cas individuels plutôt que comme le symptôme d’une organisation du travail défaillante.
Ce constat n’est pas une impression : il est partagé par les représentant·es de proximité, confirmé lors des instances F3SCT, et documenté par les rares enquêtes de terrain que l’administration accepte de mener.
Position de la CGT Centrale Finances
La souffrance au travail n’est pas une fatalité, ni une affaire de fragilité individuelle. Elle est produite par des choix d’organisation.
La CGT refuse la logique qui consiste à renvoyer chaque agent·e en souffrance vers une cellule d’écoute ou un dispositif de soutien psychologique, comme si le problème résidait dans l’individu et non dans les conditions qui lui sont imposées. Ces dispositifs sont utiles pour amortir l’urgence, ils ne soignent rien à la source : la baisse continue des effectifs, l’intensification du travail, le pilotage par les chiffres.
La CGT dénonce :
• la poursuite des suppressions d’emplois alors que les missions, elles, ne diminuent pas ;
• des réorganisations décidées sans réelle étude d’impact sur les conditions de travail, ni concertation sincère avec les agent·es ;
• l’instrumentalisation du télétravail comme variable d’ajustement plutôt que comme choix négocié ;
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